L’édition 2019 des référentiels en oncologie thoracique

Chaque année depuis 15 ans, les médecins exerçant dans le domaine de l’oncologie thoracique (toutes disciplines confondues), se retrouvent pour actualiser les référentiels Auvergne-Rhône-Alpes. Au fil des années, ces référentiels sont devenus la référence francophone pour la prise en charge pratique des cancers du thorax. Ils sont désormais utilisés dans la plupart des services de France pour homogénéiser la pratique. Il s’agit en réalité de 11 documents, totalisant près de 400 pages, et auxquels près de 150 médecins experts contribuent. L’édition 2019 est disponible gratuitement à l’adresse suivante : http://referentiels-aristot.com/. Il s’agit toutefois d’un document technique destiné aux professionnels de santé. Ce document ne couvre en outre pas toutes les situations individuelles et ne se substituent donc pas aux décisions des médecins.

Les référentiels Auvergne-Rhône-Alpes en Oncologie Thoracique sont consultables et en téléchargement sur http://referentiels-aristot.com/

Lettre d’information IFCT “Deux associations dédiées à vos patients”

“De l’air !” est la première association française créée par des patients pour soutenir la recherche et aider les personnes atteintes de cancer du poumon. “De l’air !” était le nom d’une bande dessinée traitant avec légèreté et dérision du parcours des personnes atteintes d’un cancer du poumon. Le titre de cette BD, conçue au sein du service de pneumologie du CHU Lyon Sud et éditée en mars 2016, a conquis les membres de cette association, qui ont choisi de se nommer comme celle-ci !

Nous avons eu le plaisir d’accueillir Suzy Sauvajon, Présidente de l’association, qui est venue inaugurer nos Journées Alain Depierre le 6 novembre à Lyon et nous présenter les objectifs de cette association :

  • susciter des actions de prévention et de dépistage
  • apporter aux soignants l’expertise des patients qui ont le vécu de la maladie
  • informer les patients et le grand public
  • rompre l’isolement des personnes atteintes d’un cancer du poumon.

Contact : delair.asso@gmail.com

Page Facebook : @delairasso

Le monde “Pour un dépistage du cancer du poumon”

ONCOLOGIE – Une stratégie visant à pratiquer un scanner auprès de la population à risque pourrait faire chuter de 25 % la mortalité des tumeurs bronchiques et sauverait 7 500 vies par an en France

Mettre en place rapidement un dépistage organisé du cancer du poumon pour sauver jusqu’à 7 500 vies par an en France. C’est ce que préconise un groupe multidisciplinaire de trente experts, dont deux sociétés savantes, l’Inter- groupe francophone de cancérologie thoracique (IFCT) et la société d’imagerie thoracique (SIT) et l’association de patients « De l’air ! »

Ils s’appuient sur les résultats, présentés à un congrès en septembre, d’une étude randomisée néerlando-belge, baptisée « Nelson », portant sur 15 000 individus de 50 à 75 ans, gros fumeurs ou ex-gros fumeurs. Dans cette population à risque, un dépistage par scanner thoracique peu irradiant a permis, avec dix ans de recul, de réduire très significativement la mortalité par cancer du poumon: de 25 % chez les hommes, et 40 % à 60 % chez les femmes. Ces données confortent celles d’une vaste étude américaine incluant 53 000 personnes, le National Lung Screening Trial, publiée en 2011 dans le New England Journal of Medicine.

Quatrième tumeur maligne en fréquence en France, les cancers du poumon ont touché environ 49 000 personnes en 2017 : 32 000 hommes, et 17000 femmes, selon les dernières estima- tions nationales. Surtout, malgré des progrès thérapeutiques, ces cancers, principalement dus au tabac, restent de mauvais pronostic : ce sont les plus meurtriers. « Ils tuent 31 000 patients par an en France, car dans trois quarts des cas, le diagnostic est fait à un stade avancé ou métastatique, où la guérison est difficile à obtenir », souli- gne le professeur Sébastien Couraud (pneumologue et oncologue, Hospices civils de Lyon). Pour ce spécialiste, qui appelle au dépis- tage, l’intérêt est de découvrir ces tumeurs à un stade plus précoce, où la chirurgie – éventuellement couplée à une chimiothérapie dite « adjuvante » – permet une guérison dans 90% des cas. En diminuant de 25% la mortalité de ces cancers, ce sont donc jusqu’à 7 500 vies qui pourraient être sauvées chaque année dans notre pays, sous réserve d’une participation maximale à cette stratégie.

Après la publication de l’essai américain, en 2011, plusieurs sociétés savantes avaient saisi la Haute Autorité de santé (HAS) sur l’opportunité d’un tel dépistage en France. Mais en 2016, cette autorité avait répondu négativement, un avis défavorable qui avait heurté dans la communauté médicale.

Réflexion sur les modalités

Pour les spécialistes, la question du dépistage des cancers du poumon n’est désormais plus celle du «si» mais du «quand», et du « comment ». Ils préconisent sa mise en place chez les 50-74 ans ayant fumé au moins vingt-cinq ans dans leur vie; et pour ceux ayant arrêté depuis moins de dix ans. Dans un communiqué daté du 12 novembre, ils en appellent au ministère de la santé, à l’Institut national du cancer (INCa) et à la HAS pour lancer rapidement une réflexion sur les modalités. Ils attirent aussi l’attention des tutelles sur le fait que le coût de cette politique pourrait être facilement financé par « une infime partie du prix du tabac » : une hausse de dix centimes par paquet de cigarettes, selon une étude médico-économique française.Actuellement, selon Sébastien Couraud, quelques pays anglo- saxons comme les Etats-Unis, le Canada et l’Australie ont déjà mis en place une telle politique de dépistage des cancers du poumon par scanner, et des expérimentations sont en cours dans de nombreux pays, notamment en Europe. « En France, nous avons accumulé beaucoup de retard », déplore le cancérologue lyonnais. En 2016, une expérimentation pionnière a commencé dans la Somme : une étude de cohorte sur 1 200 personnes. Avec deux ans de recul, les résultats sont positifs, estime le docteur Olivier Leleu, investigateur principal (hôpital d’Abbeville).

« Nous avons démontré qu’un dépistage est faisable, avec l’implication des médecins généralistes et des structures de gestion impliquées dans le dépistage des autres cancers (sein et côlon). Notre étude montre aussi que cette stratégie est efficace, car elle permet de découvrir de petites tumeurs, accessibles à la chirurgie », précise-t-il. Le pneumologue a fait face à des difficultés de financement. Les fonds accordés par l’agence régionale de santé pour commencer l’expérimentation se sont taris en 2016, après l’avis défavorable de la HAS. Dans l’avenir, le dépistage des cancers du poumon pourrait s’affiner, et ne plus reposer sur le seul scanner. Le professeur Charles-Hugo Marquette (chef du service de pneumologie, CHU de Nice) s’apprête à présenter un projet ambitieux pour intégrer des marqueurs biologiques et radiologiques dans cette stratégie, avec l’aide de l’intelligence artificielle.

Sandrine cabut

Tonic : “Les usagers présents à tous les niveaux”

Un espace de respiration

“De l’air! Ce sont des patients, des aidants et des soignants du centre hospitalier Lyon-Sud qui se sont spontanément mobilisés pour créer l’unique association en France dédiée à la lutte contre le cancer du  poumon”, explique Séverine Torrecillas, psychologue et secrétaire de l’association. L’appel s’adresse à tous, pouvoirs publics, laboratoires, chercheurs… Quand à l’objet de l’association, il est de changer les mentalités en luttant contre les préjugés sur cette maladie, en menant des actions de prévention et de dépistage précoce, en organisant des évènements  sportifs, en apportant aux professionnels de la santé l’expertise des patients, en soutenant la recherche et, même en convainquant des chefs étoilés de concocter des recettes tenant compte des désagréments gustatifs induits par les traitements. Un bel élan collectif au service de la lutte contre le cancer du poumon, doublé d’un espace de respiration et d’échange entre patients, soignants et familles pour s’armer dans un combat souvent  difficile.”

Bibliographie concernant le dépistage :

Voici une bibliographie concernant le dépistage :

  • Etude NLST : National Lung Screening Trial Research Team, Aberle DR, Adams AM, Berg CD et al. Reduced lung- cancer mortality with low-dose computed tomographic screening. N Engl J Med 2011;365(5):395-409 
  • Guide HAS 2013 : Guide du parcours de soins, Tumeur maligne, affection maligne du tissue lymphatique ou hématopoïétique, cancers broncho-pulmonaires, HAS, juillet 2013
  • Guide HAS 2016 CBP : Rapport d’orientation, Pertinence du dépistage du cancer broncho-pulmonaire en France – Point de situation sur les données disponibles- Analyse critique des études contrôlées randomisées, HAS, 20 janvier 2016
  • InVS 2017 : http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-chroniques-et– traumatismes/Cancers/Donnees-par-localisation/Cancer-du-poumon
  • Manowitz A et al, Use of BMI Guidelines and Individual Dose Tracking to Minimize Radiation Exposure from Low-dose Helical Chest CT Scanning in a Lung Cancer Screening Program. Acad Radiol. 2012 ;19(1):84-8.
  • Press release Nelson : NELSON Study Shows CT Screening for Nodule Volume Management Reduces Lung Cancer Mortality by 26 Percent in Men, press release, 25 septembre 2018, IASLC 
  • Note de cadrage : Cancer du poumon : évaluation de la pertinence d’un dépistage des populations fortement exposées au tabac en France – Point de situation : analyse critique des études contrôlées randomisées, Service évaluation économique et santé publique, HAS, 25 septembre 2014
  • WCLC Nelson : Effects of Volume CT Lung Cancer Screening Mortality Results of the NELSON Randomised-Controlled Population Based Trial, Abstract PL02.05, WCLC 2018

Le progrès : “De l’air!” : une force pour les patients atteints d’un cancer du poumon”

Unique en France, l’association De l’air !, créée à Lyon est animée par des patients et une psychologue du centre hospitalier Lyon Sud.

Si les patients (es) attients (es) de cancer du sein ou du côlon peuvent se tourner vers plusieurs associations, il n’existait -jusqu’à récemment- pas d’association de malades souffrant d’un cancer du poumon. Un manque dont s’était ému le Dr Sébastien Couraud, pneumologue au centre hospitalier Lyon Sud lors d’une conférence cet hiver. “Je lui ai répondu : “Banco, on y va!” “, raconte Suzy Sauvajon, suivie par une demi-douzaine d’autres patients.

C’est ainsi qu’est née l’association “De l’air !” dont elle est devenue la présidente. “La force de cette association, ce sont ses patients mais c’est aussi sa faiblesse car nous ne sommes pas toujours en super forme”,  remarque Suzy Sauvajon. C’est pourquoi les patients ont demandé à Séverine Torrecillas, psychologue du réseau de cancérologie 3C des Hospices civils de Lyon, d’assurer le poste de secrétaire : “Mes contacts me permettent aussi de faire le lien avec d’autres établissements comme le centre Léon-Bérard, l’hôpital privé Jean-Mermoz…”, explique la psychologue. Ainsi, en quelques mois, “De l’air !” a déjà réuni 175 adhérents sur la région tandis que des patients de toute la France se manifestent sur la page Facebook, grâce au soutien de “Mon réseau cancer du poumon”, réservé à ces patients.

Militante du dépistage organisé

“De l’air !” s’est fixée plusieurs buts. D’abord sortir de l’isolement des patients qui “se sentent très très seuls et ont besoin de contact incroyable”, souligne Suzy Sauvajon. Ensuite, “apporter l’expertise des patients” aux équipes de soins et aux institutions comme la Haute autorité de santé qui a chargé l’association d’une enquête auprès de patients suivant un traitement d’immunothérapie. L’association souhaite aussi récolter des fonds pour les soins de support et la recherche. “Seul 0,7% de l’argent récolté pour la recherche contre le cancer va au cancer du poumon alors que c’est le plus meurtrier”, s’émeut Suzy Sauvajon. Mais “ce qui nous tient particulièrement à coeur, c’est qu’il existe à terme un dépistage organisé comme cela existe pour le cancer du sein et du côlon, souligne la présidente. Nous avons tous été diagnostiqués tardivement car c’est un cancer assez silencieux au départ. Avec un dépistage précoce, les chances de guérison ne seront plus les mêmes…”

Sylvie MONTARON

Pratique : Contact : delair.asso@gmail.com

Adhésion : 10€

Des marches thérapeutiques

L’association “De l’air!” organise sa première manifestation pour récolter des fonds, le samedi 6 octobre, de 14 à 18 heure, au parc de Gerland (plaine des jeux). Elle proposera une découverte des marches thérapeutiques (qi gong, active, méditative, afghane).

Pratique : inscriptions : delair.asso@gmail.com ou tél : 04.78.86.30.76

Tarif : 10€